Mai
/ Juin 1926 ; 3ème Année N°29 :
La chapelle de Langlade : On y pense ! Nous comptons
sur les Langladiers, les chasseurs, les pêcheurs,
les villégiateurs : que chacun fournisse une
pierre, ou une planche, sous la forme d'un billet
français, américain,
Le nerf de
la guerre !
Merci d'avance ! Les offrandes
peuvent être adressées à Monseigneur
ou à l'un des Pères.
Septembre
/ octobre 1926 ; 3ème Année N°33
:
La chapelle de Langlade : C'est une uvre utile
qui malgré les difficultés actuelles
sera menée à bien. Déjà
plusieurs nous ont remis leur obole. Merci Nous continuons
notre appel. Vous tous qui êtes intéressés
à cette uvre n'hésitez pas à
donner votre aumône, si petite soit-elle.
Janvier
/ Février 1927 ; 4ème Année N°38
:
La
chapelle de Langlade : Sa réalisation se précise.
C'est Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus,
si ailée à Saint Pierre et Miquelon,
qui donnera son nom et assurera ainsi son patronage
à la construction projetée. Ainsi a-t-il
décidé par Monseigneur dans une entrevue
(6 janvier) avec la Révérende Mère
Prieure du Carmel de Lisieux - la propre sur
de la chère petite Sainte. La vénérée
Mère Agnès a voulu elle même s'associer
à cette uvre et contribuer, par son offrande,
à la réaliser. Son exemple, nous n'en
doutons pas, aura des imitateurs nombreux ; et cela
permettra de commencer les travaux dès le retour
de la bonne saison. Les dons peuvent être adressés
à Monseigneur. On peut aussi les déposer
dans le tronc spécial qui se trouve à
l'église, à coté de l'autel de
la chère Sainte. Rappelons qu'ont peut s'inscrire,
dès à présent, en vue de procurer
à la future chapelle de Ste Thérèse
de l'Enfant Jésus tel objet du mobilier nécessaire.
Rappelons, en outre, qu'aucun ex-voto ne doit être
offert sans avoir préalablement, reçu
l'approbation de Monseigneur.
Août
/ Septembre 1927 ; 4ème Année N°44
:
Inauguration de la Chapelle de Langlade : Sauf avis
contraire, et si le temps le permet, cette inauguration
aura lieu le dimanche 4 septembre, ou l'un des dimanches
suivants. Nous pensons que le vapeur"Pro Patria"sera
à la disposition des Saint-Pierrais qui voudront
aller assister à cette cérémonie.
Il y aura sans doute aussi une flottille de doris
pour y amener des pèlerins. Que la chère
petite Sainte nous obtienne la faveur d'une belle
journée !
Des affiches donneront ultérieurement le programme
de la fête.
INAUGURATION
DE LA CHAPELLE DE LANGLADE LE DIMANCHE 18 SEPTEMBRE
1927
- Il est
5h ½. L'Angélus est annoncé par
un joyeux carillon des trois cloches de l'église
de Saint Pierre : c'est le signal convenu que la fête
de Langlade aura lieu aujourd'hui. Hier on avait des
craintes sérieuses que les vents, cette fois
encore, ne vinssent contrarier le pèlerinage
projeté ; mais, ce matin, c'est le calme sur
la mer et le soleil promet d'être de la partie.
La messe
de 6h terminée, on se hâte, à
bord du " Saint-Pierre ", de terminer les
préparatifs du départ, car le bateau
se mettra en route dès 7h. Sur le pont supérieur
est installé un brancard, garni de roses d'où
émerge la statue de Ste Thérèse
de l'Enfant Jésus. Au mât de misaine,
un superbe pavillon, tout flambant neuf, blanc, bordé
de vert avec, au milieu, en grande lettres brodées,
le chiffre de la chère Sainte ; au grand mât,
le pavillon de la " Morue française ";
à l'arrière le pavillon national. Dans
une toilette toute fraîche, le vapeur "
Pro Patricia " qui va partir à 8h avec
le grand contingent des pèlerins, est là,
amarré au quai de la douane. L'excellent Commandant
Ropers lui a fait arborer les mêmes couleurs.
" C'est l'heure : larguez les amarres !"
Et M. Eloquin, capitaine du bateau, est à la
barre, visiblement heureux de conduire son "
Saint-Pierre", une vieille connaissance, à
la fête de la chère Sainte. A bord avaient
pris place, avec Monseigneur, un groupe de Messieurs,
les Religieuses et les Enfants de Marie de la paroisse.
Tous les vapeurs en ce moment sur rade répondent
au salut que le " Saint-Pierre ", de sa
bruyante sirène, jette aux échos. C'est
un concert quelque peu étourdissant, mais qui
ne manque pas d'un certain cachet grandiose. On passe
au large de l'Île-aux-Chiens dont une partie
de la population (exactement 133 personnes) est déjà
en route, embarquée sur 17 doris. Voici le
" Frigo ", dans sa masse imposante et austère
; plus loin, le Grand Colombier, rocher d'accès
difficile, refuge d'une nuée de calculots.
Dans " la baie ", la mer est un peu houleuse,
- ce qui provoque des velléités de malaise
chez plusieurs passagères, qui restent quand
même souriantes. Le capitaine met le cap au
nord-ouest, vers la Petite Miquelon dont on longe
bientôt la côte ; on est alors à
l'abri de la brise et les conversations deviennent
plus animées. Une heure est vite passée.
Dans les
parages du "Cap percé", on croise
quelques doris qui filent vers Langlade. Tout à
coup, au détour de l'"Anse au Soldat",
la sirène fait entendre trois coups : c'est
l'annonce de l'arrivée. Les regards se portent
vers la plage ; et de loin on salue la Chapelle qui
va être inaugurée. On aperçoit
des mâts enguirlandés supportant de grandes
banderoles et formant comme des arcs de triomphe.
La Chapelle, de son côté, apparaît
ornée de verdure et d'oriflamme. Avec cela
un beau soleil, et une mer calme, si calme ! Et là-bas
arrive un autre vapeur, avec les pèlerins de
Miquelon : ils sont, dit-on, au nombre de 119, sans
compter ceux déjà arrivés en
doris. Le " Dangeac ", sous les ordres de
M. Désiré Béchet, a brisé
son grand pavois d'où se détache fièrement,
au sommet du mât d'avant, le pavillon blanc
et vert de la Sainte. On débarque. C'est vite
fait, car on est tout près du plain. La statue
de sainte Thérèse est descendue avec
précaution sur les doris du Service du Port
de St-Pierre, et portée sous un dôme
de verdure d'où partira la procession. 9 heures.
- Le " Pro Patria " arrive à son
tour, piloté par M. Lebiguais. Il salue la
terre de sa sirène puissante et jette l'ancre
un peu plus au large. Le pont paraît noir de
monde. Disons tout de suite que, d'après les
carnets des Commissaires de fête, 324 tickets
avaient été délivrés aux
pèlerins.
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Pour faciliter
le débarquement, le " Saint-Pierre "
et le " Dangeac " accostent : les passagers
y descendent de plein pied et sont alors amenés
à quelques brasses de la plage ; là où
les doris viennent les cueillir. Langlade. Tous ont
hâte d'aller jusqu'à la chapelle qu'on
voit au loin, à la limite de la propriété
Paturel. On la contourne ; on admire la tour, le perron,
toute la structure. On jette un regard dans l'intérieur
où l'on ne pourra pénétrer qu'après
la bénédiction : les parois de la voûte
sont recouverts de bois de cèdre du plus bel
effet ; dans le sanctuaire on voit un gracieux autel
offert par la paroisse de Miquelon ; le long de la corniche
est fixée une banderole d'où se détachent
ces mots : JE VEUX PASSER MON CIEL A FAIRE DU BIEN SUR
LA TERRE. A droite et à gauche, deux petits appartements
: l'un sert de sacristie ; l'autre de pied-à-terre
pour le prêtre quand il vient dire la messe à
Autour de la chapelle, des mâts ornés de
mousse et de roses, reliés entre eux par des
drisses où flottent des oriflammes. Il est 10
heures. La cloche de la chapelle annonce que la cérémonie
va commencer. Devant l'ancienne Gendarmerie, Mgr le
Préfet Apostolique, entouré de son Clergé,
procède à la bénédiction
de la statue de la chère Petite Sainte. De nombreux
enfant de chur sont là, avec un groupe
de fillettes qui portent des bouquets de roses. Des
enfants de Marie, en costumes blanc, prennent sur leurs
épaules le brancard où se trouve la sainte
Image, pendant que retentit un Magnificat triomphal.
Et la procession s'ébranle au chant de cantiques
Voici la
chapelle : La statue est placée derrière
la croix qui domine l'autel provisoire installé
sur le perron. Les prières liturgiques de la
bénédiction s'achèvent Saint
Thérèse de l'Enfant Jésus est
devenue officiellement titulaire de ce petit sanctuaire
que lui ont dédié les habitants de la
colonie. La Chorale des Enfants de Marie de St-Pierre
entonne un superbe cantique de circonstance ; Puis,
Monseigneur, du haut du perron, adresse la parole
à la foule recueillie. Il serait trop long
de relater tout ce que son cur de père
lui a inspiré dans cette inoubliable circonstance.
Oui : cette chapelle de Langlade est vraiment un acte
de foi et d'amour envers Dieu et Sainte Thérèse
! De reconnaissance aussi
Et Monseigneur évoque
le souvenir de la nuit tragique du 3 au 4 février
1927 où le " Pro Patria " qui le
ramenait à Saint-Pierre avait manqué
de sombrer dans ces parages. Foi et amour qui vont
s'achever dans une vision d'espérance ! Car
les îles St-Pierre et Miquelon ne seront pas
oubliées par leur céleste Protectrice
; sur elle tomberont des roses sous forme de bénédictions
de toutes sortes obtenues du Bon Dieu par l'intercession
de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.
La messe
est dite par Monseigneur à l'intention de toutes
les personnes qui ont contribué - et qui contribueront
encore - à l'érection et à l'embellissement
de la chapelle ; puis pour les familles des trois
paroisses de la Colonie et pour tous les Amis absents.
Les paroissiens de Miquelon font, d'une façon
remarquable, les frais du chant, soutenus par un petit
harmonium qu'ils ont apporté avec eux. La cérémonie
de l'inauguration est terminée à 11h.
½. Les uns après les autres, la foule
des pèlerins pénètrent dans la
chapelle. Beaucoup ont à rendre grâce
à la chère Petite Sainte pour des faveurs
reçues. Puis on se disperse pour les pique-niques.
Les groupes s'éparpillent sur la verdure le
long de la colline ; et l'on fait honneur aux provisions
que chacun avait apportées.
Les Vêpres
de la bénédiction du Très Saint
Sacrement ne devant avoir lieu que vers deux heures,
on aura donc le temps de faire une promenade et de
s'amuser. Et tout ce cher monde, la joie au cur,
passe des moments délicieux, dans un site plein
de poésie. Ici, la " Belle Rivière
", auprès de laquelle s'élève
le chalet du Gouverneur. Plus loin, c'est l'ancienne
Gendarmerie, remise à neuf. De-ci de-là,
des résidences de fermiers et des villas. Devant
soi, la vaste mer où l'on peut compter cinq
vapeurs et trente-six doris qui ont amené du
monde. Avec cela, un soleil printanier, et une brise
délicieuse, et pas de moustiques ! Non : on
ne pouvait, la veille, compter sur une pareille journée
!
Les Vêpres
de Sainte Thérèse ont été
chantée avec brio par la chorale de Miquelon.
Au salut du Saint Sacrement, les Enfants de Marie
de Saint-Pierre ont fait entendre quelques beaux morceaux
de leur répertoire. La chapelle étant
trop petite pour la foule de ce jour, la plupart des
pèlerins ont été obligés
de rester aux abords. A 3 heures, le " Pro Patria
" annonce qu'il est temps de commencer l'embarquement,
On se prépare donc, non sans quelque regret
; et l'opération est menée rondement,
grâce au concours des doris. En moins de ¾
d'heure, les pèlerins sont à bord, qui
du " Dangeac ", qui du"Saint-Pierre",
qui du " Pro Patria ". Le " Dangeac
" lève l'ancre le premier : dans deux
heures il aura reconduit ses passagers à Miquelon.
Le " Pro Patria " se met en route pour le
chef-lieu, suivi bientôt du " Saint-Pierre
" qui, avec le " Philosophe " et le
" Vinces ", se charge de recueillir les
retardataires. Personne ne reste en arrière
; et tous sont contents. Dans " la baie ",
sur un espace de cinq kilomètres, c'était
un ravissant spectacle que celui des doris de l'Île-aux-chiens
rentrant à la voile : on eût dit des
régates. 5h. ½ - Saint Pierre ! Le "
Pro Patria " arrivé le premier, salue
les bateaux qui sont sur rade, et va reprendre sa
place devant la douane ; il est bientôt suivi
des autres vapeurs. La foule des grands jours est
là pour attendre les heureux voyageurs. Un
mot circule : " Splendide ! " auquel répondent
maintes voix " Si on avait su !... Mais j'en
serai l'an prochain ! " Et tout de suite une
résolution se précise : ! Au mois d'août
prochain, et puis chaque année, on fera un
pèlerinage à Sainte Thérèse
de Langlade ! Vive Sainte Thérèse de
l'Enfant Jésus !
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